En Vaucluse

  l'église Saint-Siffrein

  Carpentras - 84200

 

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  Monographie

 

L'église Saint-Siffrein, exemple méridional d’architecture gothique tardive, est située au 3, place du général de Gaulle à Carpentras (84200 - infos).

 

Saint-Siffrein fut la cathédrale de Carpentras jusqu'au Concordat de 1801 organisant les rapports entre les différentes religions et l'État, et qui supprimera le diocèse de Carpentras pour l'incorporer au diocèse d'Avignon (devenu depuis archidiocèse - carte), dont le siège est situé à Avignon, dans la cathédrale Notre-Dame des Doms.

 

 ► Photos Patrimages Drac Paca - ici -

 

 

 

  

  Culte

 

Dimanche : messes à 9h00 et 10h30.

Semaine : messes le matin et le soir, se renseigner auprès de la paroisse.

Tél. : 04 90 63 08 33.

 

 

 

  

  Historique

 

Le premier évêque attesté de Carpentras est Comtantien, au milieu du Ve siècle (439-451). Saint-Siffrein (ou Siffredus), ancien moine de Lérins, fut évêque de Venasque vers 520 et de Carpentras de 555 environ à 570. Il aurait élevé à Carpentras une église dédiée à saint Antoine, et à Venasque les églises de la Vierge et de Saint-Jean-Baptiste.

 

Un diplôme de Charles, roi de Provence, cédant à l'évêque Jean et à la cathédrale de Carpentras l'église Saint-Antoine de cette ville et divers biens qu'il possédait dans le territoire, mentionne que l'église de l'évêque était alors placée sous le vocable de la Vierge.

 

Mais Poupardin a montré que cet acte suspect n'était pas antérieur au Xe siècle. La charte de fondation du chapitre par l'évêque Ayrard en 982 précise que la cathédrale était alors placée sous le triple vocable de la Vierge, de saint Pierre et de Saint-Siffrein.

 

Il y avait sans doute là un groupe épiscopal. Andreoli ajoute qu'une église Saint-Jean, baptistère, subsista près de l'église romane même après la construction de l'édifice actuel. Nous verrons qu'il y avait, en outre, une chapelle dédiée à saint Étienne près du cloître.

 

On attribue la construction de la cathédrale romane à l'évêque Geoffroy de Garosse (décédé vers 1211), sur la foi d'un passage de son épitaphe (conservée au Musée lapidaire de Carpentras):

 

Ecclesiam nimis iste suam nichil usque redactam

Extulit et crevit, fecit et esse quod est.

 

"Son église, réduite à rien, il l'a relevée et augmentée, il l'a faite ce qu'elle est." Cette inscription doit être interprétée avec beaucoup de prudence. Tout d'abord, il n'est pas sûr, tant s'en faut, qu'ici le terme ecclesia ait un sens architectural. Ensuite, si on l'admet, il convient de vérifier si l'église a été reconstruite entièrement par l'évêque ou si elle englobe, et dans quelles proportions, des vestiges antérieurs.

 

Nous nous efforcerons de répondre à ces questions en examinant les restes de la cathédrale romane.

 

Dès le milieu du XIVe siècle, la cathédrale, principalement le clocher monté sur le chœur, menaçait ruines.

 

En 1363, l'évêque forma le projet de reconstruire son église, mais un conflit l'opposa immédiatement au chapitre et aux syndics. En 1399, le péril devint si imminent qu'on dut empêcher l'accès de l'édifice et transférer le culte dans la chapelle Saint-Étienne (située au nord du cloître roman).

 

II semble bien que l'écroulement redouté se produisit entre septembre 1399 et mars 1400.

 

Nos connaissances sur l'histoire de la construction gothique ont été entièrement renouvelées par Henri Chobaut, dont les patientes recherches d'archives ont mis au jour une foule de renseignements dont il importe de rappeler ici les éléments essentiels:

 

Pour mettre fin aux tergiversations des parties adverses, il fallut l'intervention du pape Benoît XIII, l'énergique Pierre de Luna, qui s'était réservé l'évêché de Carpentras. Benoît XIII vint lui-même dans sa ville épiscopale le 5 mai 1404 et imposa sa volonté: sans contribuer personnellement à l'œuvre, il ordonna la reconstruction de la cathédrale aux frais de la communauté, avec la participation toutefois du chapitre et du clergé.

 

Les administrateurs de l'œuvre traitèrent avec l'architecte Colin Thomas, originaire de Dinan, en Bretagne, qui choisit un emplacement un peu au sud de la cathédrale précédente. La première pierre de la nouvelle cathédrale (pierre dédicatoire) fut posée en 1404 par l'archevêque d'Arles, Artaud Melan, délégué spécialement par Benoît XIII.

 

Cette pierre dédicatoire (0,85 m x 0,60 m) aux caractères gothiques est actuellement située dans le sousbassement du mur méridionale de Saint-Siffrein (celui de la Porte Juive), au dos du mur de la chapelle Sainte-Anne:

 
Emplacement de la pierre dédicatoire de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse Pierre dédicatoire de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse
 

Anno a Nativitate Domini MCCCC Quinto die festi cathdre beati Petri apostoli fuit positus primus lapis hujus enlesie nove almi confessoris Beati Syffredi episcopi et patroni presentis civitatis Carpent per reveren dissimum in X° patrem dominum Artandum archiepiscopum Arela tensem nomine sanctissimi ni X° patris et domini Benedicti divina providentia pape XIII pontificatus sui anno XI Magister et ordinator hujus edificii fuit magister Colinus Thomacii de Dinant en Bretanha.

 

Colin Thomas dirigea les travaux de 1405 à 1408 seulement, sans que les textes permettent de préciser la part qui lui revient dans le nouvel édifice.

Plan (époque révolutionnaire) de la cathédrale, du cloître et de la chapelle Saint-Etienne - Archives municipales de Carpentras  

[1]   Site de la cathédrale Romane.

[2]   Le cloître, actuelle place d’Inguimbert, a été détruit en 1829 pour
       céder la place à une prison.

 

Jean Laurent, dit le Bourguignon, originaire du diocèse de Langres, lui succéda à partir de septembre 1409. C'est un architecte de valeur qui a beaucoup construit et sur lequel on est bien renseigné.

 

Les dates auxquelles Jean Laurent est signalé à Carpentras portent sur plusieurs années isolées entre 1409 et 1438; il n'y résida probablement pas d'une façon continue et eut le loisir de diriger en même temps la construction de différents édifices dans la région.

 
Plan de la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras - Vaucluse Plan de la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras - Vaucluse
 

En effet, dès 1409 et surtout 1416, les travaux ont traîné faute des ressources financières indispensables. Le chantier semble même avoir été fermé complètement entre 1420 et 1435. Il est douteux, dans ces conditions, que la part de Jean Laurent ait été très considérable.

 

Il a dû simplement pousser le chantier ouvert par Colin Thomas. Laurent est mort en 1439. Les travaux semblent cependant avoir repris quelque peu entre 1435 et 1440.

 

En décembre 1449, on fit appel à un nouvel architecte, Antoine Omède, gendre de Jean Laurent. Il était originaire de Clermont (en Auvergne?). C'est aussi un architecte de valeur*. Les textes laissent, cependant, peu de traces de son activité et les ressources de l'œuvre paraissent avoir été aussi fort réduites pendant son mandat. On sait toutefois qu'il commença deux chapelles du côté nord.

 

* Il a beaucoup travaillé en Avignon, au Petit Palais, à l'église Saint-Pierre (dont il a construit deux travées et la chapelle des Brancas), aux Dominicains, etc.

 

Il abandonna sa charge en 1467. Après soixante ans, les travaux, souvent interrompus, n'avaient, semble-t-il, pas beaucoup avancé. En 1459, la toiture des chapelles situées entre la chapelle Sainte-Anne-la-Vieille et la porte juive n'était pas encore faite et il semble qu'en 1485 seule la dernière travée de la nef était terminée.

 

Dès 1464, avant même la démission d'Omède, apparaît un nouvel architecte, Blaise Lécuyer, originaire de Genève. On est mieux renseigné sur son activité et il semble avoir bénéficié de ressources plus abondantes: il acheva, de 1464 à 1467, deux chapelles situées au sud de la nef, près de la chapelle Sainte-Anne, et, à partir de 1467, les deux chapelles du côté nord abandonnées par Omède.

 

Lécuyer était, en outre, sculpteur, et il faut sans doute lui attribuer le portail méridional, dit porte Juive. Il travailla aussi aux travées de la nef (en 1481 on achète des poutres pour les cintres). Une délibération du Conseil du 8 juillet 1485 prouve qu'il poursuivit les travées de cette nef et donne à penser qu'il est l'auteur de la substitution des croisées d'ogives barlongues aux croisées d'ogives sexpartites employées précédemment.

 

Le chantier fut interrompu en 1489-1490. En 1491, Lécuyer n'est plus maître de l'œuvre. On fit venir à cette date, pour le remplacer, deux lapicides de Marseille, les frères Pierre et Jean Blachière. On démolit en 1491 une partie de l'église romane et on acheta en 1493 plusieurs immeubles pour étendre les chantiers à l'est et à l'ouest.

 

Pierre Blachière mort en 1497, Jean se montra incapable et fut destitué en 1498.

 

On reprit cette année-là Blaise Lécuyer (auquel on adjoignit Huguet Thibaud).

 

Son activité est attestée au moins jusqu'en 1504. Dès 1499, on avait commencé les deux dernières chapelles. Le dernier maître d'œuvre, Cathelin Charvet, était en fonction en 1508, et probablement dès 1504; il l'était encore en 1516 et mourut vers 1519.

 

Les travaux pouvaient alors être menés à bonne fin grâce aux indulgences accordées en 1504 par le pape Jules II et en 1519 par Léon X, grâce aussi à l'influence du cardinal Sadolet, évêque de 1517 à 1547. En 1512, on avait commencé le mur de façade, achevé fin 1514.

 

Dès 1519, il fut possible de célébrer la messe dans le nouvel édifice. Sadolet fit reporter le maître-autel au fond de l'abside et placer en avant de nouvelles stalles. La consécration eut lieu le 1er mai 1531.

 

Bien des travaux cependant furent exécutés par la suite. Le clocher de l'église romane, conservé, nécessita plusieurs réparations, notamment en 1549 et 1555, par l'architecte Jean de Lyon.

 

Le décor classique de la façade ne fut élevé que de 1615 à 1618 par Pierre Rochier et Isnard Mangarel, et les portes de noyer exécutées par Guillaume Brémond, de Pernes. La personnalité de l'évêque Borace Capponi, originaire de Florence, explique sans doute le style choisi pour cette façade.

 

Façade du XVIIe siècle de l'ancienne cathédrale Saint-Siffrein - place du général de Gaulle à Carpentras - Vaucluse Façade du XVIIe siècle de l'ancienne cathédrale Saint-Siffrein - place du général de Gaulle à Carpentras - Vaucluse

 

[1]   Piliers gothiques, fin XVe siècle.

[2]   Mur gothique, fin XVe siècle.

[3]   Fenêtres en tiers-point, fin XVe siècle.

[4]   Façade baroque, début XVIIe siècle.

[5]   Tourelles octogonales, XVIe siècle.

[6]   Croix édifiée par les juifs en 1605, abattue en 1793.

 

La cathédrale fut restaurée de 1841 à 1843 par l'architecte départemental Renaux sous la direction de Questel, notamment la couverture en dalles, avec sa balustrade, et la Porte Juive, avec ses pinacles et ses gargouilles. Le clocher fut consolidé.

 

Mais on dut cependant le démolir en 1875, en même temps que diverses reprises étaient effectuées par Révoil aux façades latérales et à l'abside. Le décor baroque du chœur avait été remis en état en 1847.

Chœur de la cathédrale Saint-Siffrein à Capentras - Vaucluse

Dernier ajout des siècles, le clocher actuel a été bâti de 1899 à 1902 par Révoil, qui s'est inspiré de celui de Saint-Martial d'Avignon.

 

 

 

  

  Vestiges de la cathédrale romane

 

Nous avons vu que l'église romane s'écroula en 1399-1400 et qu'on en démolit la plus grande partie, notamment en 1491, pour faire place à la construction gothique.

 

Il n'en reste aujourd'hui que le faux carré de transept (la moitié sud étant cependant encombrée par la sacristie nord de la cathédrale gothique) et la coupole qui le surmontait, le mur nord de la dernière travée de la nef et le départ de sa voûte en berceau. Mais il en subsista jusqu'au XIXe siècle de plus importants vestiges.

Coupole de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

D'après Andreoli, qui s'appuie sur les notes de Barbier en 1649, et sur le fait que la première travée jouxtait l'arc romain, la nef unique aurait eu 5 travées, d'une longueur totale d'environ 35 m et de 10 m environ de large.

 

Des chapelles latérales avaient été ménagées de bonne heure entre les contreforts, en mettant à profit les arcades murales qui renforçaient les murs goutterots.

 

Quatre de ces chapelles existaient encore du côté nord au milieu du XVIIe siècle. Nous verrons qu'il n'en reste plus qu'une. II n'y en avait probablement pas contre la première travée, car à ce niveau s'élève l'arc romain qui servait de porche latéral à la cathédrale romane. Celle-ci se terminait à l'est par une abside en hémicycle.

 

Aujourd'hui, la travée de faux transept est fermée de ce côté par un mur moderne qui monte jusqu'à l'ancien arc triomphal. Du côté nord, le mur a été entièrement repris au XIXe siècle pour assurer la stabilité de la coupole, admirablement conservée.

 

Du côté sud, celle-ci porte sur le mur commun à l'édifice roman et à l'édifice gothique. Mais cette travée a conservé le puissant dispositif destiné, comme à Notre-Dame des Doms, à supporter la coupole et le clocher qui la surmontait: il est soulagé par une puissante arcade à triple rouleau retombant sur des piédroits à ressauts qui forment une niche d'un mètre environ de profondeur.

Clocher et coupole de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

Pour renforcer cette arcade et réduire la largeur de la travée rectangulaire, l'architecte a bandé au-dessus deux arcs supplémentaires: l'un effilé sur l'imposte du pilastre réservé au doubleau, l'autre reçu par une console. La travée rectangulaire est ainsi ramenée à un plan proche du carré (8 m de large sur 7,60 m de profondeur).

 

Elle est délimitée à l'est et à l'ouest par un doubleau à triple rouleau du côté de l'abside, à double rouleau du côté de la nef.

 

La coupole s'élève au-dessus, selon le système habituel: quatre trompes en cul-de-four, dans les angles, permettent de passer du carré à l'octogone; elles sont décorées de feuilles d'acanthe et des Symboles des évangélistes, en haut-relief, d'un style étonnant.

 

Sur le livre que tient ouvert l'ange de saint Mathieu se remarque une inscription en caractères très soignés semblables à ceux de l'épitaphe de Geoffroy de Garosse.

 

L'octogone ainsi obtenu est couronné d'une corniche profilée d'un quart-de-rond et rehaussée de riches sculptures: rinceaux de vigne avec leurs feuilles et leurs fruits, retenus par des bandelettes en spirale et ornées d'une grecque, feuilles d'acanthe à l'extrémité recourbée au-dessous d'une file d'oves, masques, etc.

 

Au-dessus s'élève la calotte octogonale, ornée, au milieu de chaque pan, de demi-colonnes aux bases carrées étirées en hauteur et aux chapiteaux d'acanthe rayonnant autour d'un oculus (de 1,20 m de diamètre, pour laisser passer les cloches).

 

Les vestiges de la nef montrent le même souci de luxe. Les piles, dont il reste la dernière du côté nord, offraient de nombreux ressauts. En effet, les doubleaux, à double rouleau, nécessitaient des pilastres engagés dans des dosserets, tandis que les grands arcs de décharge latéraux, à double rouleau également, retombaient sur des piédroits à deux ressauts.

 

La dernière chapelle nord, ouverte sous cette arcade, subsiste. Elle a 5 m de large sur 2 m de profondeur. Elle est voûtée en berceau plein cintre, mais a visiblement été construite après coup: la voûte bute maladroitement contre les ressauts de l'arc de décharge.

 

L'étroite baie d'axe (1,50 m de haut x 0,25 m) est amortie en trilobe. À l'extérieur, on constate que le mur de fond est réincrusté dans celui des contreforts.

Trompe de la coupole: symbole de saint-Luc - Cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

Suprême raffinement, les piles étaient allégées à leur partie haute, comme au Corpus d'Aix, à Notre-Dame-des-Doms, à Saint-Paul-Trois-Châteaux, par de gracieuses colonnettes torsadées qui remplaçaient, au niveau des grandes arcades, les dosserets des pilastres destinés à porter le doubleau à deux rouleaux.

 

La colonnette encore en place ici est couronnée d'un chapiteau orné de personnages (deux esclaves fustigés par des gardiens?) entre une file d'oves et une rangée d'acanthes. Les impostes des pilastres sont également tapissées d'acanthes.

 

L'archivolte des grandes arcades latérales est rehaussée de moulures (comme à Notre-Dame-des-Doms, aux églises de Pernes, de Saint-Restitut, etc.).

 

Sous la naissance du berceau court un entablement somptueux: il comprend trois bandeaux plats superposés, puis une longue frise en haut-relief où alternent des génies aux ailes déployées et des guirlandes de fleurs et de fruits, enfin une corniche très saillante dont le biseau est enrichi d'un magnifique rinceau.

 

Comme l'a souligné Labande, "la copie de l'antiquité est ici tellement flagrante que les contours des guirlandes et des génies sont cernés de traits creux, comme les sculptures de l'arc romain. Voilà donc un exemple précieux de l'influence exercée sur les décorateurs romans par les anciens monuments qu'ils avaient sous les yeux".

Trompe de la Coupole de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

Les premières assises de la voûte en moellons de pierre de Saint-Didier, bien appareillés, subsistent à 10 m environ du sol. Celle-ci était en berceau brisé. Selon Andreoli et Lambert, elle avait 16 m de hauteur à la clef.

 

Sur l'emplacement des premières travées romanes avait été prévue une galerie de cloître dont on voit encore, contre le mur des chapelles septentrionales de l'édifice gothique, quatre formerets de la voûte, avec les pierres d'attente des croisées d'ogives, de profil flamboyant, sur des culots effilés en pointe.

 

Deux portes faisaient communiquer autrefois ces chapelles avec le cloître roman, qu'on renonça finalement à démolir avant le XIXe siècle, et avec le palais épiscopal.

 

La perfection dont fait preuve l'ornementation de la nef et de la coupole, la beauté des lettres du livre de saint Mathieu, de l'appareil et des marques de tâcherons - dont Labande a noté qu'elles sont plus proches de celles du porche que de celles de la nef de Notre-Dame des Doms - tout cela incite à situer la construction de la cathédrale romane dans le dernier tiers du XIIe siècle. On peut donc en attribuer l'initiative à l'évêque Geoffroy de Garosse.

 

Il semble cependant que la reconstruction du XIIe siècle a réutilisé et, plus ou moins, recouvert des éléments plus anciens, notamment en ce qui concerne les murs gouttereaux de la nef.

Vestiges de la nef romane de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

En effet, l'étude, à l'extérieur, du mur nord - rendue très difficile par la présence, de ce côté, de la prison - montre que celui-ci est bâti en moellons à peu près jusqu'à la hauteur de la tête des contreforts, tandis qu'apparaissent des lits d'appareil au niveau des voûtes, comme si l'on avait repris les parties hautes d'un mur antérieur et doté celui-ci de contreforts plus épais lors de la reconstruction romane.

 

Il y a au surplus, aucun lien entre ces contreforts en bel appareil, visiblement antérieurs aux chapelles latérales, et les maçonneries en moellons, assez réguliers, de la plus grande partie du mur.

 

On ne peut cependant être tout à fait affirmatif, car il faut tenir compte des importants travaux de consolidation du XVIIe et du XIXe siècle, qui ont pu modifier sensiblement l'aspect des maçonneries.

 

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le clocher, de forme octogonale, se dressait encore au-dessus de la coupole. Il en restait, sur une hauteur d'environ 11 m, le soubassement aveugle, l'étage, percé d'une baie sur chaque face, et une partie du second étage.

 
Coupe du clocher de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse Coupe du clocher de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse
 

Il mesurait 9,50 m environ de diamètre. À l'étage inférieur, de 7 m environ de hauteur, les baies étroites et hautes (5 m de haut sur 1,40 m de large), amorties en tiers-point, s'abritaient sous des archivoltes décorées, selon Andreoli et Lambert, de crochets naissants.

 

Ceux-ci constituaient, avec les minces colonnettes aux fûts lisses montant le long des angles et le cordon soulignant chaque étage, le seul décor de cette tour. Il ne subsistait de l'étage supérieur qu'une des baies en tiers-point, moins haute que les précédentes, et quelques tronçons des piédroits des autres.

 

Le sommet était sans doute coiffé à l'origine d'une petite pyramide de pierre. À l'intérieur du premier étage, de minces colonnettes logées dans les angles raidissaient l'octogone - les murs avaient 1,20 m d'épaisseur - et recevaient une voûte d'ogives à huit branches autour d'une clef centrale.

 

Ce clocher, sensiblement postérieur à la nef romane, paraissait remonter au XIIIe siècle.

 

Autre disparition regrettable: le cloître, qui s'étendait au nord de l'église romane, à la hauteur du chevet et des dernières travées de la nef.

 

Il a été stupidement détruit en 1829 pour édifier les prisons, derrière le beau palais épiscopal élevé en 1640 par François de la Valfenière sur l'initiative du cardinal Bichi et transformé depuis en palais de justice. Dans les murs de la prison apparaissent d'ailleurs de nombreux éléments provenant de ce cloître.

 
Colonnettes du cloître de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse Colonnettes du cloître de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse
 

Celui-ci dessinait un préau carré de 12 m environ de côté. Les galeries, larges de 3 m environ, étaient couvertes de voûtes en berceau brisé, soulagées par des doubleaux appuyés sur des consoles.

 

Chaque galerie comprenait trois travées, marquées chacune du côté du préau par une grande arcade surbaissée, reçue, comme à Sénanque, par deux piles rectangulaires en saillie, et sous laquelle s'abritaient quatre petites arcades en plein cintre portées par des colonnettes jumelles en marbre gris, accouplées dans le sens de la largeur et couronnées de chapiteaux géminés.

 

Un certain nombre de salles à usage du chapitre ouvraient encore sur ces galeries. Les murs étaient creusés de nombreux enfeus.

 

Les Musées de Carpentras et d'Avignon ont recueilli un certain nombre de colonnettes et de chapiteaux échappés aux vandales de 1829*.

 

* Le Musée lapidaire de Carpentras conserve neuf couples de colonnettes avec chapiteaux, quatre chapiteaux et divers fragments qui semblent provenir du cloître de Saint-Siffrein. Le Musée Calvet abrite deux colonnettes avec bases et chapiteaux et deux fragments qui ont la même origine.

 

Les colonnettes ne sont pas toutes de même hauteur, mais varient aux environs d'un mètre: 1,45 m avec la base et le chapiteau, 1,72 m avec le support; leurs diamètres varient aussi de 0,5 m à 0,17 m à la base.

 

Ces dimensions donnent une idée des proportions des baies. Les bases sont également très variées. Celles des colonnettes du Musée d'Avignon sont ornées dans la gorge d'une série de palmettes et de griffes de feuillages élégamment retroussés aux angles, détails qui dénotent la seconde moitié du XIIe siècle.

 

Quant aux chapiteaux, ils sont, comme les bases, en pierre de Saint-Didier, d'un grain fin et compact, patiné comme du marbre; ils sont aussi très variés (ils mesurent en moyenne 0,50 m de haut sur 0,25 m de large sous le tailloir) et d'une excellente facture, ornés de feuilles d'acanthe, de palmettes, de rinceaux, de tresses, de torsades, de galons perlés combinés avec des feuilles de vigne, des feuillages enroulés, des masques humains, des têtes d'animaux et de monstres.

Chapiteaux provenant du cloître roman de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

À côté du cloître, une première cour desservait la chapelle Saint-Étienne, "à l'usage du chapitre, qui la céda plus tard aux pénitents gris", les logements et les dépendances des chanoines, ainsi que le palais épiscopal. Pithon-Curt, qui écrivait vers 1750, parle d'une chapelle de Sainte-Marie-des-Neiges que l'on voyait près de l'entrée du cloître. On retrouvait donc ici, semble-t-il, le souvenir d'un groupe épiscopal primitif.

 

 

 

  

  La cathédrale gothique

 

  

  Intérieur

 

En plan, la cathédrale comprend une abside à sept pans, une travée de chœur, une nef de six travées, plus large et plus haute et flanquée, de chaque côté, d'une série de chapelles rectangulaires logées entre les contreforts.

 
Vaisseau central de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse (Meyer phot.) Vaisseau central de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse (Meyer phot.)
 

Le chœur mesure 16 m de longueur sur 11 m de largeur. La nef 42 m de longueur sur 15,30 m de largeur. La voûte s'élève à 23,25 m du sol. Les chapelles latérales ont 5,30 m de profondeur et 6 m de largeur.

 

C'est un édifice important (en tout, 65 m de long sur 32 m de large), surtout pour la région, un peu lourd, un peu froid peut-être, mais qui frappe par l'ampleur imposante de sa nef.

 

Il appartient au type des églises gothiques du Midi, avec sanctuaire réduit, plus étroit (11 m) et plus bas (19 m) que la nef. La différence entre ces deux parties est rachetée par un mur percé simplement d'un oculus, comme à l'époque romane.

 

Ce type, particulièrement implanté en Languedoc, a essaimé dans le Sud-Est, notamment à Villeneuve-lès-Avignon dès 1333, à Saint-Didier et à Saint-Pierre d'Avignon, etc. Émile Mâle a montré que les Dominicains avaient largement contribué à cette diffusion.

 

Il est curieux d'observer que la plupart des architectes cités précédemment étaient des gens du Nord: Thomas, de Bretagne, Laurent, de Bourgogne. Le troisième d'entre eux, cependant, Antoine Omède, porte un nom méridional. Faut-il seulement penser que les syndics et le clergé de Carpentras, sinon Benoît XIII, ont donné en modèle à l'architecte, quel qu'il soit, les églises avignonnaises mentionnées ci-dessus ou l'ont prié de se conformer à un usage méridional?

 

En admettant qu'Omède ait été - ce qui n'est pas sûr - plus vulnérable que ses devanciers à l'influence de l'architecture languedocienne, faut-il, au contraire, lui attribuer une part prépondérante dans la conception de l'édifice? Ce n'est qu'une hypothèse. Cependant, ce que nous savons des hésitations et des interruptions du chantier jusque vers 1450 ne s'y oppose pas.

 

Les voûtes et les piles retiennent l'attention: elles trahissent tout d'abord les hésitations des travaux. Les voûtes sont constituées partout (sanctuaire, nef et chapelles) par des croisées d'ogives. Mais, dans la nef, les deux dernières travées sont couvertes d'une unique voûte sexpartite, tandis que toutes les autres travées possèdent chacune une voûte sur plan barlong.

 

À cette voûte sexpartite correspondent des piles alternativement faibles et fortes: la dernière pile, pile intermédiaire (la cinquième au nord et au sud), est faible (une colonne et deux colonnettes), tandis que l'avant-dernière (pile 4 au nord et au sud) est forte (trois colonnes plus fortes séparées par de profondes gorges).

 

Le même rythme avait été prévu pour les travées précédentes: la pile 3 (au nord et au sud) est encore faible; puis, au-delà de cette pile 3, jusqu'au revers de la façade, il n'y a plus cette sorte d'alternance. Cela prouve donc que les trois dernières travées de la nef (et non pas les deux dernières, comme l'a écrit Labande) font partie d'une même campagne.

 

Le changement de parti est intervenu à partir de la troisième travée (en allant vers la façade). Les piles 2 et 1 sont différentes de la pile 4 (elles sont plus ramassées, cantonnées de colonnes un peu plus minces, bien qu'elles soient plus volumineuses que les piles faibles 3 et 5).

 

On a donc sans doute élevé :

 

  les piles et les grandes arcades des trois dernières travées;

  les piles des deux premières travées (où les bases sont d'ailleurs plus
     évoluées);

  la voûte sexpartite des deux dernières travées;

  enfin, les voûtes des trois premières travées.

 

Le changement au niveau de la troisième travée confirme ce que je suggérais tout à l'heure: qu'un premier architecte, peut-être Omède, est l'auteur de la partie orientale de l'église; que le changement de parti est probablement le fait de Lécuyer (dont on sait par ailleurs qu'il est l'auteur de la porte Juive).

 

Un autre caractère des piles et des nervures frappe le regard: c'est leur archaïsme relatif. Certes, les doubleaux "pénètrent" au sommet des piles, les ogives et les formerets s'effilent en pointe en haut des colonnes engagées (ou même contre le mur dans le cas des piles faibles), mais il y a encore, un peu plus bas, sinon des chapiteaux, du moins des frises sculptées qui sont censées indiquer la hauteur des piles et qu'on n'a pas encore osé supprimer.

 

De même, les moulures des grandes arcades, au lieu de se prolonger d'un trait jusqu'aux bases, butent encore sur des chapiteaux-bagues au sommet des pieds-droits. La mouluration elle-même est assez retardataire: on note beaucoup de colonnes, de tores, même sans filets saillants, au lieu des piles ondulées et des moulures prismatiques alors en usage.

 

La timidité des pénétrations et de la mouluration excuse la bévue de Mérimée, qui datait Saint-Siffrein du XIVe siècle, alors que cet édifice remonte seulement au XVe siècle et même à la seconde moitié du XVe siècle, c'est-à-dire en pleine époque flamboyante.

 

Les bases des piles sont montées sur de hauts socles plus élevés à l'ouest qu'à l'est. Le chœur est flanqué d'annexes: au nord, une ancienne chapelle transformée en sacristie, couverte d'une voûte d'ogives à six branches, et la petite salle du trésor, voûtée sur croisée d'ogives; au sud, la chapelle Sainte-Anne-la-Vieille, également convertie en sacristie.

Base d'une pile de la nef de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

Le sanctuaire n'est éclairé que par les cinq hautes fenêtres de l'abside; la travée de chœur est aveugle. La nef reçoit le jour directement par les fenêtres hautes et indirectement par les ·fenêtres percées dans l'axe de chaque chapelle latérale.

 

Les dimensions de toutes ces baies sont assez réduites et leurs remplages d'un dessin assez sage. Seules les deux grandes baies qui illuminent le revers de la façade offrent un réseau de polygones. Seules, avec les fenêtres des chapelles sud, elles possèdent deux meneaux.

 

Toutes les autres baies, fenêtres hautes et fenêtres des chapelles nord (peut-être à cause de la bise ou parce que le mur nord est un peu antérieur), sont seulement à un meneau.

 

Les dimensions des fenêtres hautes étant réduites, il reste entre elles et les grandes arcades, peu élancées, une large bande de mur nu. Il en résulte une certaine lourdeur.

 

La nef a été conçue en largeur plutôt qu'en hauteur. D'où sa puissance et sa majesté. En dépit de la lenteur des travaux, maintes fois interrompus et qui ont traîné un siècle, et des changements de parti, on est frappé de l'apparente unité de l'église à l'intérieur.

 

Les différences portent essentiellement sur des détails. Il semble que les architectes aient eu le souci, alors exceptionnel, de se conformer au style adopté antérieurement.

 

Les sculptures des chapiteaux méritent d'être regardées attentivement. On y reconnaît, fort bien traités, les feuillages déchiquetés en faveur à la fin du Moyen Âge: la vigne, le chardon, le chêne et quelques animaux, notamment un renard dévorant un coq, sur le premier pilier à droite, et un renard enchaîné, incapable d'atteindre ce volatile, sur l'avant-dernier pilier à gauche, scènes qui confirment l'immense popularité du Roman de Renard* (infos).

 

* Le Roman de Renart, éd. M. Roques, 6 vol., Paris, 1951-1963 éd. J. Dufournet, 1 vol., Paris, 1970, 2e éd., 2 vol., 1985.

 

Sur les clefs sculptées des voûtes, on remarque dans la nef (troisième travée) les armes du cardinal Sadolet (reconnaissables à la colombe tenant un anneau d'or dans son bec) et dans le chœur celles de Benoît XIII, avec leur croissant d'argent.

 

 

 

  

  Les chapelles

 

Les dédicaces : - ici -

 

 

 

  

  Extérieur

 

À l'ouest, la façade gothique ,n'a jamais été terminée. Il est probable, quoi qu'en ait dit Labande, qu'on avait tout d'abord prévu une nef plus longue. Puis on s'est décidé à arrêter la façade à ce niveau, puisqu'on a planté de chaque côté des contreforts à pinacles et des tourelles octogonales couronnées de clochetons.

 

Mais il est clair qu'on avait l'intention de les relier par une vaste composition flamboyante à gâble et à pinacles, analogue à celle du portail de Saint-Pierre d'Avignon. C'est en vue de cette décoration que l'architecte avait réservé le parement de son mur.

 

Nous ne décrirons pas à nouveau, après Labande, les quelques éléments gothiques de cette façade ni le charmant décor classique plaqué sur sa moitié inférieure de 1615 à 1618. Qu'il nous soit permis toutefois de souligner la richesse de cette décoration (notamment les opulentes guirlandes de fleurs et de fruits entre les pilastres).

 

Pour la magnifique Porte Juive, œuvre sans doute de Blaise Lécuyer vers 1470-1480, nous renvoyons également à Labande, qui a décrit, outre ses exubérants crochets de feuilles de chou, la fameuse boule aux rats* du gâble de la Porte Juive, dont l'interprétation demeure mystérieuse.

 
Boule aux rats du gâble de la Porte Juive de la cathédrale de Carpentras Boule aux rats du gâble de la Porte Juive de la cathédrale de Carpentras
 

* D'autres boules aux rats existent en France, notamment à la cathédrale du Mans et à l'église de Saint Germain l'Auxerrois à Paris.

 

L'écu portait jadis les armes du Chapitre: de gueules au clou de la Passion d'or.

 

  Le rat employé comme symbole dans la sculpture du Moyen Âge - ici -

 

 

Ancienne cathédrale Saint-Siffrein - Porte Juive - Place Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

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Tympan de la Porte Juive de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

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Nous voudrions seulement rappeler sa parenté avec les portails flamboyants de Saint-Pierre et de Saint-Agricol d'Avignon et attirer l'attention sur son tympan plein et lisse, qui contraste avec les sculptures du linteau et des voussures: c'est une particularité que l'on note dans beaucoup d'églises de la région: à Saint-Didier d'Avignon, à Montfavet, etc.

 

Ce tympan lisse était destiné à l'origine à être peint. Dans d'autres cas, il servait d'appui à des statuettes sur consoles (comme à Saint-Agricol). Il est visible que ce portail a été incrusté après coup. Ce détail confirme que le changement de campagne est intervenu au niveau de la troisième travée et non de la quatrième.

 

L'édifice est presque intégralement érigé en grès coquillier des carrières de Caromb, dures, mais sans finesse; on y remarque beaucoup de signes lapidaires. Les sculptures ont été taillées dans la pierre de Saint-Didier, plus tendre et plus fine.

 

La nef, qui domine les chapelles latérales, semblables, à l'extérieur, à un bas-côté, est couverte d'une succession de toitures en pavillon dont on n'aperçoit que les frontons triangulaires. En effet, la couverture est constituée par des dalles posées directement sur les quartiers des voûtes.

 

De chaque côté, quatorze contreforts à deux étages correspondent à la nef et aux chapelles latérales. Les six contreforts de l'abside montent d'un seul jet jusqu'à la balustrade moderne qui la couronne. Tous sont ornés d'une étrange faune de gargouilles restaurées au milieu du XIXe siècle.

 

 

 

  

  Vitraux - Mobilier

 

Quelques vitraux et un important mobilier donnent heureusement à cette église un peu froide une parure d'une grande richesse.

 

Deux fenêtres de l'abside conservent de précieux restes de vitraux du XVe siècle, très restaurés (en 1927 et 1947): elles présentent chacune trois doubles registres de personnages dans des niches munies de dais et, en bas, plusieurs registres d'armoiries.

 

On distingue, dans la fenêtre de gauche, de haut en bas :

 

  la Trinité et un saint évêque;

  saint Grégoire le Grand et saint Jean-Baptiste;

  un saint abbé (Saint-Siffrein?) et sainte Catherine (?). Les architectures
     sont blanches, élégantes, les fonds des niches rehaussés parfois de jaune
     d'argent, les vêtements rouge, bleu, prune ou violet, tandis que le fond
     des lancettes est rouge ou bleu pâle.

  en bas, on voit un écu aux armes du pape Nicolas V (1447-1455) et un
     écu aux armes du chapitre: de gueules au Saint Mors d'argent, une

     crosse passée en pal et tournée à dextre;

  les armes du cardinal Pierre de Foix, nommé par Eugène IV légat
     d'Avignon (1433-1446), et celles de l'évêque Jean Sagax de Conti
     (1426-1446);

  un écu de gueules à trois rocs d'échiquier d'or, deux en chef, un en
     pointe, et des armes qui semblent être celles d'un membre de la famille
     Sadolet.

 

Dans la fenêtre de droite, les architectures et les couleurs sont les mêmes. On distingue :

 

  l'Annonciation;

  un saint abbé et un saint évêque;

  les armes du cardinal Pierre de Foix (comme à gauche, n° 5) et celles
     du pape Eugène IV (1431-1447);

  les armes d'une branche des Agoult, alliés à la famille de La Plane, à
     nouveau celles de l'évêque Sagax de Conti (comme à gauche, n° 5);

  un écu aux armes du chapitre (comme à gauche n° 4), et un autre écu
     semblable;

  un écu losangé de gueules et d'or sous un chef d'argent, à la bordure
     de sinople. Un écu de gueules à trois rocs d'échiquier d'or, deux en chef,
     un en pointe (comme à gauche, n° 6).

 

Les vitraux de la dernière chapelle sud (dédiée au Sacré-Cœur) sont plus évolués et paraissent remonter seulement au début du XVIe siècle. Les niches sont d'un dessin encore plus élégant, les dais et les socles représentés en perspective, les figures plus allongées, maniérées. Ici le jaune d'argent et les grisailles dominent, les couleurs rouge et jaune foncé étant réservées aux vêtements. On remarque, au centre, un saint évêque bénissant, encadré par saint Michel, patron du donateur, et par sainte Catherine d'Alexandrie et, en dessous, les armoiries de l'évêque Michel Anglici (14571473) et le Saint Mors.

 

Mais le principal ornement du chœur est constitué par ses riches boiseries dorées et peuplées de sculptures dues au célèbre artiste comtadin Jacques Bernus. Outre seize statues d'anges et de vertus (la Charité est ici dédoublée en Amour de Dieu et Amour du prochain), les pièces les plus remarquables sont les deux anges adorateurs du maître-autel et la magnifique gloire de l'abside (1694), imitée de celle du Bernin à Saint-Pierre de Rome, à la demande de Mgr Laurent Buti.

 

Cet évêque est représenté à l'entrée du chœur, agenouillé sur son tombeau, œuvre également de son protégé Bernus vers 1710.

 

On remarque, dans la nef, la charmante loggia vitrée qui ouvrait jadis sur les appartements de Mgr d'Inguimbert (1735-1757) et la gracieuse balustrade en fer forgé de la tribune du Saint Mors construite en 1724.

 

Au revers de la façade, à gauche, subsistent le tombeau de Mgr Fortia de Montreal (?-1661) et, dans la quatrième chapelle nord (de la Croix), le monument funéraire, hélas très mutilé, élevé dans le style Renaissance par l'évêque Paul Sadolet (1548-1572) pour lui-même et pour son oncle le cardinal Jacques Sadolet (?-1547), qui n'y fut d'ailleurs jamais inhumé, sa dépouille étant demeurée à Rome.

 

Il faut enfin signaler plusieurs œuvres intéressantes dans les chapelles latérales: au nord, dans la troisième chapelle (de la Vierge), un tableau de Nicolas Mignard, la Lactation de saint Bernard (1640), et un beau décor baroque de marbre et de stuc provenant du Carmel de la Ville, auquel il avait été donné par les Doria; dans la quatrième chapelle (de la Croix): une Adoration des Rois, par Natoire; dans la sixième chapelle: les Apôtres au Cénacle, par Duplessis; au sud, dans la deuxième chapelle (Purgatoire): l'Invention de la vraie Croix, également par Duplessis.

 

 

 

  

  Liste du mobilier classé

 

  Statue : Vierge à l'Enfant - ici -

  2 statues (grandeur nature) : Anges adorateurs - ici -

  Couronnement du tabernacle avec statuette : l'Enfant Jésus - ici -

  Statues : les Vertues théologales, Seize anges porteurs d'emblèmes - ici -

  Tombeau de Laurent Buti, évêque de Carpentras 1691-1710 - ici -

  6 tableaux : Scènes de la vie de saint Siffrein - ici -

  2 suspensions (consoles de suspension) - ici -

  Cadre d'un polyptyque - ici -

  Tableau : "Saint Thomas d'Aquin" - ici -

  Tableau : "La Vierge, saint Bernard, saint Louis, sainte Hélène et sainte
      Madeleine" - ici -

  Tableau : "Saint Laurent, la Vierge et un évêque" - ici -

  Tableau : "La Visitation" - ici -

  Tableau (diptyque) : "LAnnonciation" - ici -

  Plaque commémorative de la pose de la 1re pierre de la cathédrale en
     1405 - ici -

 

 

La sacristie de la cathédrale conserve une très belle série d'ornements liturgiques des XVIIe et XVIIIe siècles (blancs, rouges et verts) dont un en velours de Gênes, et quelques pièces d'orfèvrerie: calice du cardinal Bichi (1592), encensoirs des XVIe et XVIIe siècles, croix processionnelle du XVIIe siècle, reliquaire du XVIIIe.

 

Texte de Jacques Thirion - 1963.

 

 

 

  

  Le Saint Mors

 

Le Saint Mors passe pour être un des clous de la Passion trouvé par sainte Hélène et donné par elle a Constantin pour servir de mors à son cheval. Apporté probablement par les croisés, il est attesté à la cathédrale de Carpentras depuis 1226.

 

Armoiries de Carpentras Armoiries de CarpentrasLe Saint-Mors de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

 

  Accès au texte de l'Abbé Ricard (1862) - ici -

 

 

 

  

  Sépultures

 

Le sol de l'église est couvert de larges dalles, sur lesquelles on peut distinguer tantôt un nom, tantôt une date. Le premier volume des Matières ecclésiastiques de la Collection Tissot offre la disposition des sépultures que nous ne transcrirons pas ici, à cause de sa longueur, mais que l'on peut consulter( ici), pages 133 à 135 et pages 161 à 162.

 

 

 

  

  L'orgue 16-pieds du XVIIe siècle

 

La présence d'un orgue à la cathédrale de Carpentras est attestée dès le XVe siècle. La construction de l'instrument de 1643 est attribuée aux frères Eustache, facteurs d’orgues à Marseille (infos).

 

La réalisation du premier buffet est attribuée à Jean de Sels et Jacques Perrin, de Cavaillon, d'après des dessins du Sieur de Valfrenière. Un deuxième buffet (faux buffet) est commandé par un bail à prix-fait donné le 17 mai 1645, par François de Royers de la Valfrenières, au nom du cardinal Bichi, aux menuisiers sculpteurs A. Grimauld et Charles Condré, de Carpentras, placé face au précédent, côté Évangile.

 

 

 

  

  L'orgue du XIXe siècle

 

L'instrument des frères Eustache est remplacé par un orgue neuf de la très célèbre manufacture Daublaine et Callinet implantée en Alsace ( infos) dans les années 1840.

 

  Photo - ici -

 

 

 

  

  L'orgue du XXe siècle

 

Livré en 1973, cet orgue à 2 claviers et pédalier, comporte 16 jeux; Il est le premier du facteur d'orgues Pascal Quoirin (infos).

Orgue du facteur pascal Quoirin - Cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

Cet instrument inaugure le système de "jeu baladeur" qui peut être joué sur les 2 claviers et le pédalier. Pour des raisons d'accord, les jeux ont été finalement répartis suivant la composition suivante: (infos).

 

 

 

  

  Retable du "Couronnement de la Vierge"

 

Le chœur abrite un remarquable primitif de l'école de Provence sous forme d'un triptyque représentant le couronnement de la Vierge entre saint Siffrein et saint Michel par la sainte Trinité, avec saint Michel terrassant le dragon et saint Siffrein exorcisant une femme qui expectore un monstre.

 

Il est à remarquer que ce retable a conservé son précieux dorsal aux armes des Perussis et des Laplane.

Retable du "Couronnement de la Vierge entre saint Siffrein et saint Michel - cathédrale Saint-Siffrein - Carpentras - Vaucluse

Dominique Thiébaut, dans son récent et excellent catalogue sur les primitifs Français (Paris, musée du Louvre, 27 février – 17 mai 2004) exprime l'idée que le retable du couronnement de la Vierge pourrait bien être de la main d'Enguerrand Quarton. Le mauvais état de conservation de l'œuvre semble être une des raisons principales de la difficulté à lui attribuer de manière plus affirmative.

 

 

 

  

  La Vierge et l'Enfant entre deux saints et deux donateurs"

 

La Vierge et l'Enfant entre deux saints et deux donateurs - XVe siècle - Ecole d'Avignon - Musée du Petit Palais à Avignon

Pour agrandir le document, cliquer - ici -

 

Ce tableau commandé en 1499 au peintre Nicolas Dipre, pour l'église Saint-Siffrein de Carpentras, fait maintenant partie de la Collection permanente: Les Peintures de l'École d'Avignon du Musée du Petit Palais à Avignon (Niveau 0 - salle n° 18).

 

 ► Site du Musée du Petit Palais - ici -

 

 

 

  

  Saint Siffrein"

 
Saint Siffrein - Musée du Petit Palais à Avignon Saint Siffrein - Musée du Petit Palais à Avignon
 

Peinture - Titre : Saint Siffrein.

Date : vers 1460-70.

École : École française.

Période : XVe siècle, Bas Moyen Âge (Europe occidentale).

Technique/Matière : fond d'or, huile sur bois.

Site de production : Provence (région historique) (origine).

Dimensions : ht : 2.070 m - lg : 0.790 m.

Localisation : Musée du Petit Palais à Avignon.

 

 ► Reproduction sur le site de la Réunion des musées nationaux - ici -

 

 ► Les peintres du Quattrocento - ici -

 

 ► Annuaire et guide des Musées de Vaucluse - ici -

 

 

 

  

  Photographies

 

  Patrimage DRAC PACA - ici -

 

 

 

  

  Visites

 

  Visite sous la conduite du chanoine Bréhier, curé de Carpentras

 

 

 

 

  Visites libres

 

   Horaires :

        7h30/12h00 - 14h00/18h30 selon les jours.
          Se renseigner à l'Office de Tourisme.

   Pas de visite pendant les offices.

   Ouverture du Trésor :

        dimanche après-midi en période de vacances.

   Office de Tourisme de Carpentras : +33 (0)4 90 63 00 78.

   Paroisse Saint-Siffrein : +33 (0)4 90 63 08 33.

 

  Visites guidées "Laisser vous conter la cathédrale et son trésor"

 

    Informations : - ici -

   Tarifs (2012) :

        adulte : 4 € / 10 à 18 ans : 2.50 €.

   RDV : Office de Tourisme de Carpentras - 97, place du 25 Août.
     Tél : +33 (0)4 90 63 00 78.  

 

 

  

  Travaux

 

  

  2012

 

Depuis de très nombreuses années, le monument présente de graves problèmes de couvertures et d’évacuation des eaux pluviales. Cette toiture, réalisée sous forme de dallages, repose directement sur l’extrados des voûtes du vaisseau central et sur celles des chapelles entre contreforts. Son tracé constitué de plans inclinés permet l’écoulement des eaux pluviales jusqu’au sol en passant par des caniveaux de toitures et gargouilles.

 

Inscrite au programme 2010 des monuments historiques, l’opération de restauration en conservation des couvertures a pour objectif de maintenir en place, au maximum, les éléments existants après la vérification systématique des dalles de faîtage, de recouvrement des murs gouttereaux, des couvertures de la nef, du chœur, de l’abside romane et des collatéraux.

 

Les dalles à remplacer seront posées et scellées (joints profonds) avec du mortier de chaux. Quant aux réseaux d’évacuation des eaux pluviales l’ensemble des canalisations et des canaux de gargouilles seront "couverts" par des ouvrages en plomb.

Travaux de couverture réalisés en 2012

Depuis début février et jusqu'en avril 2012, c'est la toiture du bas-côté nord de la nef qui est en cours de travaux. Cette méthode mobilise au total 20 tonnes de plomb, ce qui en fait un ouvrage exceptionnel pour notre région.

 

Enfin, une partie des vitraux du chœur ont été protégés grâce à des plaques de polycarbonate.

 

 

 

  

  2013

 

La Provence 29 juillet 2013: Carpentras - La cathédrale Saint Siffrein retrouve, enfin, sa lumière. Après deux ans de rénovation, les nouveaux vitraux illuminent le site. La cathédrale Saint Siffrein, monument historique, possède un trésor: des vitraux du XVe siècle dont la qualité est exceptionnelle et unique dans la région. Mais voilà, les aléas du temps menaçaient certaines baies de tomber.

 

Grâce à un effort de la municipalité et à une subvention de la DRAC, d’importants travaux de restauration, d’environ 286.000 €, ont été menés de 2011 à 2013.

 

 

 

  

  Traité des réparations et reconstructions des églises

 

Les réparations à la charge des dixmes (définition), sont l'objet de cette partie: mais l'on y a ajouté quelques observations sur les réparations des églises cathédrales & collégiales, & quelques questions concernant les cottes-mortes des Religieux bénéficiers, & surtout des Religieux-curés.

Traité des réparations et reconstruction des églises - M. Piales - 1761

La charge de certaines réparations est tellement inhérente aux dixmes de chaque paroisse que ceux qui les perçoivent, à quelque titre que ce soit, ne peuvent se décharger de ces réparations, qu'en renonçant pour toujours à la perception des dixmes: encore sont-ils tenus de toutes les réparations survenues jusqu'au jour de l'abandon qu'ils font des dixmes. De sorte que cet abandon n'a d'autre effet que de les décharger pour l'avenir des réparations qu'ils étaient obligés de faire en qualité de décimateurs.

 

  Suite du texte - ici -

 

 

 

  

  Liste des évêques de l'évêché de Carpentras

 

L'évêché a été supprimé le 29 novembre 1801, et son territoire diocésain rattaché à celui de l'archidiocèse d'Avignon.

 

  Liste des évêques - ici -

 

 

 

  

  Légende de la "Pierre de saint Siffrein"

 

Ce bloc, de roche argilo-calcaire, se trouve sur un fonds privé de la commune de Venasque, village situé au sommet d'un roc escarpé, éperon avancé des Monts de Vaucluse, dominant la plaine de Carpentras, au confluent de la Nesque et du Rieu.

 

Situé en bordure de la D247, sur la plate-forme précédant la chapelle de Saint-Siffrein (également propriété privée), il se présente comme une pierre levée de 1.45 m de hauteur hors terre, et de 0.37 m de largeur.

 

La face nord de la pierre regarde l'entrée de la chapelle; elle porte l'empreinte de deux "fers à cheval", placés en sens contraire; l'une très nette, l'autre moins.

Relevé de la "Pierre de saint Siffrein" - commune de Venasque - Vaucluse

La légende veut qu'au VIe siècle, saint Siffrein, évêque de Carpentras et de Venasque, résidant alors au Castrum Vendasca, fusse poursuivi par les Barbares. Sur le point d'être saisi, il se précipita dans le vide avec sa monture, du haut des rochers de Venasque.

 

Le fer du sabot de son cheval en s'imprimant sur cette pierre, lui permit de s'enlever d'un seul élan sur la falaise opposée (d'autres disent jusqu'à Carpentras).

 

 

 

  

  Bibliographie sommaire

 

  Sources et généralités : Antoine Barbier, Éloges et remarques du diocèse
     de Carpentras, 1649. BibI. Inguimbertine, Carpentras, ms. 1741.

  Ch. Cottier, Notice historique sur la Ville de Carpentras, 1827.

  B.-S. Lambert, Catalogue descriptif et raisonné des manuscrits de la
     Bibliothèque de Carpentras, 1862, 3 vol.

  Courtet, Dictionnaire géographique, historique et biographique des
     communes du département de Vaucluse, 1876.

  J. Liabastres, Histoire de Carpentras, 1891, in-4°.

  P. de Champeville et R. Caillet, Carpentras et le mont Ventoux, 1934.

 

 

 

  

  Études sur l'édifice

 

  E. Andreoli et B.-S. Lambert, Monographie de l'église cathédrale
     Saint-Siffrein de Carpentras, 1862.

Monographie de la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras - Vaucluse

 

  Accès au texte intégral de la monographie - ici -

 

 

  H. Requin, Jacques Bernus, sa vie, son œuvre (1650-1728), dans
     Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 1885, p. 13-83.

  L.-H. Labande, Inventaire du trésor de la cathédrale de Carpentras au
     XIVsiècle, dans le Bulletin archéologique, 1895, p. 27-40.

  Laurens, Catalogue du Musée de la ville de Carpentras, avec notices
     historiques, 1900, in-16.

  L.-H. Labande, Carpentras : la cathédrale romane, la cathédrale gothique,
     dans Congrès archéologique de France, Avignon, 1909, p. 289-297.

  H. Chobaut, Les maîtres d'œuvre de l'église Saint-Siffrein de Carpentras,
     dans Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 1923, p. 1-14.

 

 

 

  

  Valorisation du patrimoine

PATRIMOINES(S) - Lettre d'Information de la région PACA  

 ► Lettre d'information de la DRAC PACA - ici -

 

 

 

In Situ - Revue des patrimoines

 

In Situ. Revue des patrimoines offre à l'ensemble des professionnels du patrimoine un organe de diffusion des résultats de leurs travaux portant sur la connaissance, la conservation et la valorisation du patrimoine. Elle favorise les échanges entre les différents acteurs et les différentes disciplines de la recherche appliquée au patrimoine et met à disposition du public les nouvelles connaissances sur le patrimoine.

 

 ► Site In Situ - ici -

 

 

 

APARE - Association pour la Participation et l'Action Rgionale

 

L'APARE est une organisation européenne de jeunesse et d'éducation populaire agréée par le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, le ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durable et reconnue par la Commission européenne. Implantée en région Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis 1979, elle a une vocation régionale, européenne et méditerranéenne.

 

APARE

Association pour la Participation et l'Action Régionale

Jean-Michel André

25, bd Paul Pons – 84800 L'Isle-sur-la-Sorgue

Tél. : 04 90 85 51 15

Courriel : apare@apare-gec.org

 

 ► Site Web - ici -

 

 

 

Kabellion Histoire & patrimoine de Cavaillon

 

Kabellion, depuis 2008, est la nouvelle appellation de l’association "Les Amis de la Cathédrale et du Vieux-Cavaillon". Celle-ci fut créée en 1986 par des notables cavaillonnais (P. Montagnier, F. Mitifiot, R. Chatillon), des érudits locaux (G. Gauthier, G. Jau) et des personnalités qualifiées (Conservateur des Antiquités et Objets d'Art de Vaucluse, Conservateur des Musées de Cavaillon).

 

Elle reprenait le flambeau de la société "Les Amis du Vieux Cavaillon", lancée en 1941 par André Dumoulin, mais qui avait cessé ses activités.

 

 ► Association Kabellion Histoire & patrimoine de Cavaillon - ici -

 

 

 

Association Memòri - L'Isle-sur-la-Sorgue - Vaucluse

 

Memòri, association créée en 2002, a pour but de promouvoir la transmission du patrimoine sous toutes ses formes, de réanimer les lieux chargés d’histoire, de traiter aussi des sujets à caractère national ou international. Association apolitique et laïque, elle propose des conférences, mais se veut aussi un lieu de rencontre et d’échange sur des bases culturelles et organise des sorties, des voyages et des expositions.

 

Enfin, elle participe aux différentes manifestations locales et nationales et entretien des relations amicales avec les associations ayant la même vocation culturelle.

 

 ► Site de l'association - ici -

 

 

 

Association "Pierre sèche en Vaucluse"

 

Pierre Sèche en Vaucluse, association créée en 1983 autour de l'intérêt pour ces témoins d'économies agricoles et pastorales anciennes, dont la disparition progressive, due à l'abandon de ces territoires, s'est accélérée ces dernières décennies par des déprédations de toutes sortes.

 

Elle réalise ses projets en articulant le travail de connaissance sur le terrain et dans l'histoire, menés au long de l'année avec ses adhérents, et le travail de restauration, effectué principalement l'été, par des chantiers de jeunes bénévoles.

 

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Tourisme en Vaucluse Provence - ADDRT 84 Vaucluse en Provence - ADDRT 84

 

 

Armoiries du Comtat Venaissin - 1274 à 1791  

 

 

 

Saint-Hilaire
Sceau de Saint-Hilaire